
Je vous dois quelques explications : Comment se retrouve-t-on Dominante ? Cela arrive-t-il du jour au lendemain ? Est-ce simple ? Et pourquoi ai-je accepté cette Domination ?
Comment se retrouve-t-on Dominante ?
Quand son mari, ou son compagnon vous dit soudain (même si on se dit « bizarre », il a des trucs qui ne collent pas, on ne se dit pas soudain : « bon dieu, mais oui bien sûr il est soumis ! ») « je désire me soumettre à toi » (et là les formules varient maladroites où non, subtiles rarement, et en ayant pleinement conscience des implications encore plus rarement…) on a beau être une FEMME ça fait un choc ! Mais justement il y a eu des alarmes. Des trucs qui clochaient. Et puis on doit se dire que dans la très grande majeure partie des cas on n’y perd pas vraiment au change, les soumis n’étant pas par nature des amants exceptionnels, même s’ils sont capables de fournir un outil endurant (rire !). Donc c’est d’abord par la volonté de l’autre qui se découvre sa propre nature. Mis à part celles qui ont très tôt deviné en elle cette tendance, pour la majeure partie d’entre nous élevée sous la Mère on se conforme au bon vieux modèle traditionnel, le mariage, le bonheur, et ce qu’on doit à nos maris. (Il reste à traiter la question de savoir si ce mariage arrive par hasard… Je veux dire est-ce qu’instinctivement « qui se ressemble s'assemble » ?)
Cela arrive-t-il du jour au lendemain ?
Oui et non. Il y a des alertes. Le comportement sexuel de votre conjoint a certainement déjà révélé des comportements erratiques, mais comme bien souvent l’homme comme animal sexuel nous semble à des années-lumière, nous ne nous interrogeons pas vraiment, et s’il nous parle de fantasmes nous mettons cela sur le compte de fantasmes justement. Donc oui du jour au lendemain, il y a l’avant : « Soumets-moi » et l’après. Ce jour-là un pas est franchi. (On n’en est pas encore au véritable aveu, juste à la première étape de sa progression, et dans cette première étape c’est d’abord l’impossibilité pour lui de contenir ce désir qui est d’abord égoïste : satisfaire son fantasme le transformer en réalité…). Non parce qu’un homme soumis, le jour où il vient vous en parler y pense depuis des jours, des mois, des années sans doute. Eventuellement il a discuté longuement de cela sur internet (et il fréquente peut-être même le site de la carpette qui lui fournit de la documentation….), et il est partagé entre cette envie irrépressible de se laisser aller, la peur de vous perdre, et la honte de ne pas être un mâle classique.
Est-ce simple ?
Bien sûr que non. C’est un processus à deux inconnues (vous et lui) lent et complexe. L’homme d’abord doit s’accepter se connaître, nous en face on va se positionner au départ par rapport à lui, d’abord parce que nous l’aimons, ensuite parce qu’il fait généralement le premier pas (j’ai pris délibérément le parti d’examiner la situation de FEMMES comme moi dont le mari un jour avoue sa soumission….. le cas de la Femme dominante depuis sa plus tendre enfance est intéressant, mais ne fait pas l’objet de cet article….). Ce premier pas effectué encore faut-il que nous arrivions à nous positionner, alors que le soumis mijote depuis un certain temps, qu’il s’est donné un cadre, une idée de ce qu’est la Domination/soumission, et bien sûr, une idée précise de la satisfaction sexuelle qu’il entend obtenir, nous débarquons fraîches et naïves dans un monde qui paraît sombre, rongé de culpabilité et de remords, et ou nous nous demandons quelle place est accordée aux sentiments. C’est bien connu nous sommes « fleur bleue »…. Trouver notre propre équilibre d’abord, ce qui va signifier reconnaître nos limites, et avant tout si cela sera supportable pour nous. Si ça l’est (supportable !) à quelles conditions ? Celles-ci délimitées cela va demander un processus de négociation assez long avec le soumis. Il va devoir renoncer à certaines de ses prétentions, éventuellement découvrir que le mode de Domination de sa compagne n’est pas celui qu’il espérait. Cette période d’adaptation du fantasme du soumis à la réalité peut prendre un temps conséquent (près de deux ans dans le mien !).
Et attention, cela va vous demander de l’attention, de la tendresse, en même temps que de la fermeté, une grande rigueur intellectuelle, et une détermination, ce sont vos conditions qui doivent l’emporter ! (Lorsque je parle de négociations, elles sont à sens unique, le soumis doit venir à vos conditions, ce n’est pas l’inverse ! Cela est le garant de sa propre satisfaction, son besoin de soumission lui-même va exiger que vous imposiez vos conditions, si jamais c’était l’inverse il finirait par se dire que vous jouez à le soumettre pour lui faire plaisir, et que par conséquent vous le trompez….
Donc pas très simple, pour nous qui recherchons dans une relation l’équilibre, l’honnêteté, la clarté, alors que le soumis va se débattre assez longtemps avec ses fantômes, et le premier d’entre eux, le choix entre être le mâle qu’on lui a appris à être, où le soumis qu’il sent grandir en lui et perdre cette place de mâle dominant.
Et pourquoi ai-je accepté cette Domination ?
Réponse simple et complexe à la fois, mais évidente : l'Amour bien sûr ! Sans amour nous ne nous poserions même pas la question de savoir s’il faut discuter, l’écouter, l’accompagner, le guider, et donc finir par le dominer parce que c’est sa manière de nous aimer totalement. Amour donc de notre part en acceptant de l’écouter, puis de transiger (même en fixant des limites nous acceptons de transiger avec notre idéal de bonheur simple, au moins au début…) avec notre propre idée du couple. Puis Amour toujours lorsque la relation et le processus s’établissant dans le temps on finit par se découvrir Dominante.
Si mon soumis a mis deux ans à s’accepter, ce n’est que récemment que j’accepte de me définir comme une Dominante, non plus par rapport à lui spécifiquement, mais dans ma vie de FEMME.
Si la première étape de notre Domination s’établit par rapport à lui, dans cette relation de couple, le processus se développant, cette Domination va se définir par rapport à nous-même indépendamment du soumis qui parallèlement grandit dans sa soumission, et donc facilité notre croissance dans la Domination. Nous devenons Dominante, nous pensons Dominante, et dans mon cas j’ai intégré après l’avoir accepté cette idée fondamentale, qu’en fait j’ai toujours eu un rôle Dominant vis-à-vis d’un homme même sans en avoir conscience.
Une fois arrivé à ce stade l’amour se renforce, la nature des liens est modifiée, mais plus réelle (chacun étant arrivé à un niveau de vérité par rapport à soi qui permet l’établissement d’une relation dénuée des impératifs sociaux), plus profonde plus vraie. La nature de l’un comme l’autre se développe, et se répondent presqu’harmonieusement. Rapidement cela est une évidence, et le retour en arrière non seulement impossible, mais aucun des deux partenaires ne songerait à revenir à l’état antérieur. Les limites évoluent, les points de vue également, les attitudes, et il y a un maximum de chances que vous ayez du mal à reconnaître dans votre soumis le mari que vous avez eu. Je vous rassure la métamorphose est positive. Elle nourrit l’un et l’autre, et je suppose qu’il en est de même pour le soumis qui voit bien que son épouse n’est plus la FEMME qu’il a rencontré.Je crois que c’est cela le miracle de la Domination/soumission. Procurer l’équilibre aux partenaires, et leur permettre d’être eux-mêmes et de se nourrir l’un de l’autre.
En tout cas c’est ce qui me permet de dire tranquillement du haut de mes baskets aujourd’hui : « oui je suis une Dominante.»
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excellente analyse qui rejoint tout a fait mon vecu. Dommage que ce soit si court, j'aurai aimé en lire plus : -)
Rédigé par : gilzara | 10 septembre 2008 à 15:06